




Pour les plus impatients, signalons que Buvez Madison passera des disques le lundi 3 décembre pour la soirée très select “Le Lundi de Dani” au restaurant Le Lup rue du Sabot Paris VI, en l’honneur de la divine et mythique chanteuse et actrice Dani, qui, pour l’occasion, se produira sur scène avec des guests surprises.
Tour à tour mannequin en vogue, interprète de Gainsbourg, Souchon, Daho; Actrice chez Truffaut, Chabrol, Vadim, Doillon ;Meneuse de revue à l’Alcazar, "nouvelle Mistinguett", reine de la nuit parisienne, Dani est un personnage incontournable du tout Paris et sa rencontre avec Buvez Madison apparaît alors comme une évidence.
Invitations only!
Les cartons sont déjà partis. Mais les plus débrouillards et les plus chanceux seront des nôtres, j’en suis certaine...
Bonne semaine à vous tous.
Je retourne à mes magazines.
Tendres baisers.
Anicée


J'habite dans un petit appartement du Lower East Side à New York, avec mon amoureux et nos cinq chats (Queen, Billie Jean, Photoshop, Dolce, et enfin Gabbana), au 70 de la rue Orchard. Il prétend ne pas aimer les animaux, mais c'est à chaque fois lui qui a insisté pour en prendre un, puis deux, puis cinq.
Il est 9h00 et mon réveil sonne. Je l'éteins, une fois, deux fois, trois fois. Je sais qu'au bout de quatre il ne sonnera plus et je ne me réveillerai jamais; c'est à cause de cette partie de cartes qui s'est éternisée hier soir. Celle-ci a d'ailleurs clôturé les célébrations de mon week-end d'anniversaire. J'ai soufflé 24 bougies à la cire de miel biologique, disposées sur un divin gâteau au chocolat, et ouvert un monceau de cadeaux tous plus incroyables les uns que les autres, notamment ce portefeuille en cuir espagnol vert éclatant de chez Comme Des Garçons.
J'ouvre un oeil, puis deux, puis je m'étire lentement et soulève le rideau avec la pointe de mon pied pour voir le temps qu'il fait à travers la fenêtre. Il fait beau, comme presque tous les jours. Un arc-en-ciel se dessine dans les nuages et un écureuil vient m'apporter une noisette dans la main.
Je me lève en essayant de ne pas réveiller mon amoureux mais trop tard, un chat lui a déjà sauté dessus. Il l'attrape et joue avec en faisant mine de ne pas apprécier. Je lui donne la noisette que l'écureuil vient de m'offrir, il dit qu'elle est délicieuse et remercie mon nouvel ami l'écureuil d'un sourire.
Je me dirige d'un pas inquiet vers la salle de bains. J'avais peur des éventuels dégâts que ces deux derniers jours de festivités auraient pu causer à mon teint mais je m'en sors bien et ma peau parait éclatante sous le néon fixé sur le dessus du miroir. Pas une cerne, rien.
Je prends une douche rapide et décide d'attacher mes cheveux, pour une fois. J'applique sur mon visage de la crème Aesop et respire cette bonne odeur de plantes. Un rapide coup de maquillage, du noir aux yeux et du rouge aux joues et je suis prête. Pour ma tenue, j'ai décidé de rester simple; mon pantalon noir Isabel Marant et mon chemisier en dentelle brodée main hérité de mon arrière-grand-mère.
Le temps s'est furieusement refroidi à New York depuis quelques jours et mon trench n'est plus trop de mise. J'enfile gants, bonnet, écharpe avant de sortir et dévale les escaliers, mon manteau d'hiver à la main, sans avoir oublié d'embrasser mon amoureux; " à ce soir darling".
J'ai une liste impressionnante de choses à faire.
Je dois en premier filer à mon atelier, à Brooklyn. La ligne F du métro est à deux blocs de chez moi et m'emmène presque sous les fenêtres du studio où je travaille. D'habitude, mon amoureux m'emmène au travail à cheval mais cette fois-ci il a besoin de son fidèle destrier pour partir faire des photos. Donc je me suis résignée.
Sur le chemin, le casque audio vissé sur les oreilles, je fais défiler sur mon ipod les dernières nouveautés musicales dénichées pour dasko, mon groupe de dj.
Je décide desquelles feront partie de la prochaine playlist. "non, celle-ci n'est pas assez dansante, celle-ci irait plutôt pour une soirée Madison, tiens, celle-là est parfaite".
Je m'arrête au Coffee Shop du coin de la rue et commande un café noir, "no sugar please", sinon c'est beaucoup trop sucré à mon goût.
Je passe devant la boulangerie, il s'en dégage une odeur de pain de de croissants tout juste sortis du four, qui m'attire vers la vitrine comme un aimant. Les pains au maïs salés, les cookies à la framboise, les scones aux myrtilles, les brioches "à la française" ou encore les cupcakes colorés me font de l'oeil mais je me remémore les tartines de ce matin et je me rappelle surtout que je dois rentrer dans mon ensemble Chanel pour le prochain Thanksgiving chez Florent et Kevin. Leur charmant pied-à-terre qui donne sur l'East River sera en effet le théâtre de ces réjouissances typiquement américaines auxquelles mon amoureux et moi sommes ravis de participer.
J'arrive enfin à mon atelier dans une traînée de paillettes, la matinée est déjà bien avancée. Je m'installe à mon bureau et je commence ma petite revue de presse personnelle. Je parcours avec attention les dernières friandises graphiques que je viens de m'offrir, dont un Playboy de 1968 et un numéro original d'Avant-Garde, de 68 aussi. Je lis avec délice les articles et tourne doucement les pages jaunies par le temps. J'ai trouvé ces trésors d'inspiration dans cette délicieuse petit librairie de Williamsburg dans laquelle je vais me ruiner régulièrement.
J'allume mon ordinateur, j'ai quelques e-mails à lire, des amis à remercier pour leurs voeux d'anniversaire. Mes parents, ma soeur, Maria, Sophear, Karl, Kate, Naomi, Régine, tous ont pensé à moi.
Ma petite correspondance terminée, je m'attelle à mon travail. Je suis débordée ces derniers temps; je dois finir mon livre de photographies sur New York, peaufiner la mise en page de la biographie d'Amanda* et terminer la prochaine pochette du prochain Britney, mais surtout je dois créer la future campagne promotionnelle mondiale pour Buvez Madison, et ce sont des clients vraiment très exigeants. A chaque fois que mon téléphone sonne et affiche le numéro de Buvez Madison, mes mains deviennent moites, mon coeur bat, mes genoux tremblent et je décroche avec inquiétude. Ils sont tyranniques ces Buvez Madison mais ils me paient très cher et sont très généreux, donc je reste sympa.
Il est 22h00, je quitte mon bureau, les yeux fatigués par l'écran mais satisfaite du travail abattu. J'appelle un taxi, je suis trop lasse pour aller jusqu'au métro avec mes talons dorés Gaspard Yurkievitch.
Je demande au taxi de m'arrêter un peu avant la maison, je dois passer chez le teinturier chercher le complet Dries Van Noten que mon amoureux a déposé il y a quelques jours. Je me sens un peu coupable; lors du vernissage de Richard Prince mon verre de Chardonnay s'était répandu sur son veston. Mais il est comme neuf il va être ravi.
Un détour rapide au Cake Shop et j'achète deux parts de New York Cheesecake pour le dessert.
J'arrive à la maison et je retrouve mon amoureux devant Heroes. Je ne comprends rien à cette série mais il me dit que c'est fabuleux. Je le crois, mais je préfère Dexter. Il arrête l'épisode en cours parce qu'il a préparé le dîner, tout est prêt. Il ne veut pas que ça refroidisse, ouf j'arrive juste à temps. Au menu, des lasagnes végétariennes dont il a le secret, c'est sa recette. Nous dinons dans le salon sous le lustre en cristal, il a sorti l'argenterie, un vin grand cru coule à flots. Comme toujours c'est délicieux, et comme toujours je me dis dans ma tête qu'il est rudement fortiche.
Le repas terminé, je capture mon amoureux pour la séance de cinéma de minuit, quatre blocs plus loin. Ce soir ils jouent Night Of The Living Dead. Il est aux anges et il est déjà prêt, tant mieux on a 5 minutes avant que le film commence. Il peut toujours sortir n'importe quand de toute façon, il est toujours très élégant, même s'il reste à la maison à s'occuper des chats.
Le film est terminé et nous avons grignoté des milliers de sucreries tout le long. Ca ne fait que trois mois que nous vivons ici, mais ça doit être notre nouveau côté américain.
Nous arrivons à la maison, les chats ont fait le ménage pendant notre absence et l'appartement rutile. Ils ont même préparé notre lit. Je me glisse dedans, impatiente de rejoindre les bras de Morphée. En attendant, je me blottis dans ceux de mon amoureux, songeant à ma vie on ne peut plus banale de new new-yorkaise mais rêvant déjà au lendemain.

Romain Guyot est un des fidèles des soirées Buvez Madison mais c'est surtout un styliste de génie qui officie avec brio aux côtés de Christophe Lemaire chez Lacoste.
Comme tous les mannequins vedettes, j’ai besoin d’au moins 8h de sommeil par nuit.
Malheureusement c’est rarement le cas et chaque matin je jure d’apprendre à me coucher tôt le soir.
A 9h ça devient critique: quitter mon lit est déjà pénible ,y laisser mon amoureux l’est encore plus.
Une fois levé je fais des assouplissements dans mon open space de la rue saint Sébastien et exécute quelques mouvements de GRS équipé de mon ruban de 6 mètres en nylon satiné bleu ruisseau.
J’entre dans la salle de bains en ayant au préalable préparé un thé vert: je l’aime chaud mais jamais brûlant.
Après une douche plus ou moins rapide, c’est le rituel matinal d’embaumement: lotions tonifiantes, émulsions hydratantes, crèmes régénérantes, gels défroissants, sérums lissants, baumes repulpants .Au passage j’en profite pour essayer tout ce qui traîne et que je ne connais pas. En moyenne tout cela me prend 40 minutes et évidemment lorsque j’en sors, mon thé est froid.
Mon amoureux réveillé a fui avant même que j’allume Itunes car il sait que le pire reste à venir. Je laisse ma play list en lecture aléatoire ,ce qui peut donner un mix plus ou moins audacieux .
20 min de méditation transcendantale dans le dressing et je suis prêt a partir.
Selon le temps et l’humeur j'enfourche mon vélo et, toujours en musique, pédale à travers le marais pour arriver à mon bureau 92 rue Réaumur .
J’arrive au studio, pose mes affaires et vais directement me préparer un autre thé vert dans la cuisine.
Une fois installé à mon bureau, je passe la matinée à répondre aux mails des fournisseurs ou de l’équipe industrielle.
Il faut aussi que j’ouvre mon courrier pour examiner les échantillons de tissus et autres développements de fournitures, badges ,boutons...
Souvent les réunions avec les différents départements (marketing ,distribution ,communication) s’enchaînent jusqu’à la pause de midi que je prends rarement . Mais il peut m’arriver de déjeuner avec des amis dans le quartier: chez Joe Allen ou à la villa Papillon . J’en profite pour faire le tour des fripes de Beaubourg ou des Halles .
De nouveau à vélo je traverse la seine pour faire un saut a la Hune , où je cherche des livres qui m’inspireront pour la prochaine collection.
Rue du Cherche Midi la tentation est trop forte: chez Fenestrier ,je ne peux pas résister aux derbys vernies bleu marine. Rapide stop ,rue des Saint Pères chez Ladurée ,pour quelques chocolatines à la pistache et autres macarons réglisse ,caramel sel de guérande,fleur d’oranger ,violette ,marrons ou grenadine. Grâce à dieu, je peux manger tout ce qui me passe par la main sans prendre un gramme...
16h de retour au bureau ,on commence un essayage de pièces spéciales pour le défilé AH08-09 .
J’ai toujours un coca zéro à disposition pour les mannequins cabines qui n’ont rien mangé de la journée. La fille marche. On étudie le vêtement sous toutes ses coutures: la taille à remonter, tête de manche trop petite ,plus de fronces dans le dos et rallonger le bas de la valeur de l’ourlet...En discutant avec la modéliste on finit par trouver les solutions.
18h je vais enfin avoir le temps de faire quelques croquis.
Il faut absolument que je finisse cette robe à jambes pour Giovanna.
20h ,je file gare du nord et retrouve mon tendre amour fraîchement débarqué de Londres. C’est tellement facile maintenant d'aller faire ses courses chez Harvey Nich’s. En plus j’avais très envie d’un pudding.
Juste le temps de faire un crochet chez moi pour déposer mes shopping bags. Je traverse le dressing ,me voilà prêt.
Je retrouve my boyfriend et des amies pour dîner rue de Lancry dans un restaurant dont j'ai oublié le nom: Le hachis parmentier de canard est à tomber et leur cosmo pas mal du tout.
Puis retour maison.
Apres un passage éclair de 45 minutes dans la salle de bains, je saute sur JM.
Avant de m’endormir je me dis comme Lorie : “que 24h c’est trop court dans ma journée”.





